La Voix des lecteurs Auteurs Publié le 13/07/2017

La Madeleine et le macaron de Bernard Bonnelle

Nous avons demandé aux auteurs sélectionnés pour la Voix des lecteurs de répondre à un petit questionnaire intitulé « La Madeleine et le macaron »… L’occasion de découvrir un peu plus qui se cache derrière les mots.

Les Serviteurs inutiles de Bernard Bonnelle publié aux éditions La Table ronde est sélectionné pour la Voix des lecteurs.

1. « Les mots sont comme des rayons X ; si l’on s’en sert convenablement, ils transpercent n’importe quoi » - Aldous Huxley : Quel est votre mot préféré ?

Chaque mot est bon lorsqu’il correspond exactement à ce que l’on veut exprimer. Certains peuvent aussi avoir par eux même un charme, une force ou un humour particulier. Je viens de découvrir patrouillotisme, employé par Rimbaud pour désigner l’activisme militaire des bourgeois de Charleville qui organisaient des patrouilles dans des secteurs calmes, quand la guerre faisait rage au loin. Tout y est : l’esprit grégaire, le patriotisme bête, la trouille et l’héroïsme à bon marché.

2. « La musique, c’est du bruit qui pense » - Victor Hugo : Quelle musique vous aide à penser, à écrire ?

A l’instant où j’écris ces mots, j’entends un oiseau qui gazouille, un coq qui chante dans le lointain, une vache qui meugle. Cela me suffit. Si j’écoutais une musique que j’aime, je lui accorderais toute mon attention et je ne pourrais plus écrire.

3. « Une heure de lecture est le remède souverain aux dégoûts de la vie » - Montesquieu : Quels sont vos livres de chevet, ceux qui accompagnent votre vie ?

L’Atlas Michelin des routes de France est pour moi le livre total, indépassable, inépuisable, très ancien et toujours nouveau, celui qui n’impose rien, qui ne lasse jamais, dont une seule page est aussi riche que l’ensemble. De la seule page 186 de cette immense œuvre collective, j’extrais parmi bien d’autres les noms suivants qui sont autant de minuscules poèmes : Nouaillé-Maupertuis, Les Roches-Prémarie-Andigné, Savigny-L’Evescault, Iteuil, Ligugé, Vivonne…

4. « Sur les étagères des bibliothèques, je vis un monde surgir de l’horizon » - Jack London : Quelle place accordez-vous à la lecture ?

Je n’accorde pas de place particulière à la lecture. Elle m’accompagne constamment depuis le jour, assez lointain, où j’ai ouvert Les ratons laveurs cosmonautes, premier livre lu.

5. « Les métiers sans ennuis sont les métiers qu’on ne fait pas » - Alain : Quel est le métier que vous n'auriez pas aimé faire ?

Je ne pourrais pas être bouquiniste car je souffrirais trop de me défaire d’une belle édition ancienne.

6. « Tout portrait qu’on peint avec âme est un portrait non du modèle, mais de l’artiste » - Oscar Wilde : Où se situe la part autobiographique de vos écrits ?

Je préfère laisser Marguerite Yourcenar répondre à Oscar Wilde : Je considère un livre, même le plus personnel, comme une œuvre en partie collective : tout ce qui est en nous y entre, mais aussi tout ce que nous avons entrevu ou deviné, les livres lus et les voyages faits, l’observation d’autrui autant que les expériences traversées par l’écrivain lui-même (…). Nous sommes tous trop pauvres pour vivre uniquement des produits de ce lopin d’abord inculte que nous appelons moi.

7. « Si tous les gens du monde voulaient se donner la main » - Paul Fort - Quelle suite donneriez-vous à cette comptine ?

Il serait amusant d’écrire le Roman des mains données. J’ai serré la main de mon ami Marcel, qui a serré la main de Gustave, qui a serré la main de… et ainsi remonter, assez rapidement je pense, jusqu’au président de la république, à Charlie Chaplin, à Napoléon, etc.

8. Que vous inspire ce mot de Boris Vian ? « Il est évident que le poète écrit sous le coup de l’inspiration, mais il y a des gens à qui les coups ne font rien »

La poésie existe d’abord à l’état brut dans le monde. Certains la perçoivent ici, d’autres là, d’autres encore dans les noms de villages sur les cartes routières (cf. réponse à la question 3). Peu importe qu’elle soit ensuite recyclée par ce personnage que Boris Vian nomme « le poète » d’une façon qui me semble un peu grandiloquente.

9. « Je ne crois pas à l’au-delà mais j’emmènerai quand même des sous-vêtements de rechange » - Woody Allen : Si un dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ?

Comme à Blaise Pascal : « tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé ».

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