La Madeleine et le macaron de Nathalie Bernard

Nous avons demandé aux auteurs sélectionnés pour La Voix des lecteurs de répondre à un petit questionnaire intitulé « La Madeleine et le macaron »… L’occasion de découvrir un peu plus qui se cache derrière les mots.

Sept jours pour survivre de Nathalie Bernard publié aux éditions Thierry Magnier est sélectionné pour la Voix des lecteurs.

1. « Les mots sont comme des rayons X ; si l’on s’en sert convenablement, ils transpercent n’importe quoi » - Aldous Huxley : Quel est votre mot préféré ?

Ça va paraitre banal, mais je crois que c’est le mot amour. On en manque toujours et il est bon d’en mettre partout. C’est le deuxième prénom que j’ai donné à ma fille (même si elle m’en veut un peu, à cause de la honte qu’elle ressent quand elle le lit affiché au bac ou au permis).

2. « La musique, c’est du bruit qui pense » - Victor Hugo : Quelle musique vous aide à penser, à écrire ?

Pour écrire, j’ai besoin de silence. Comme j’écris dans une cabane, les sons de la nature me parviennent (chant d’oiseau, vent, pluie). C’est la seule musique qui m’inspire.

3. « Une heure de lecture est le remède souverain aux dégoûts de la vie » - Montesquieu : Quels sont vos livres de chevet, ceux qui accompagnent votre vie ?

Pas de livre de chevet, je suis quelqu’un qui ne relit jamais, ne revoit jamais deux fois le même film. Ce que je peux répondre, c’est que « Les quatre filles du Dr March » ont révélé mon désir de devenir romancière, que « Voyage au bout de la nuit » m’a offert cette impulsion et que « Dracula » a été mon premier modèle.

4. « Sur les étagères des bibliothèques, je vis un monde surgir de l’horizon » - Jack London : Quelle place accordez-vous à la lecture ?

La lecture m’a sauvée la vie quand j’étais enfant et adolescente. Elle fait toujours partie de mon quotidien, comme nourriture, évasion, moyen de réfléchir le monde. Je la trouve puissante quand elle agit comme un miroir de l’âme et nous révèle ce dont nous n’avions pas conscience.

5. « Les métiers sans ennuis sont les métiers qu’on ne fait pas » - Alain : Quel est le métier que vous n'auriez pas aimé faire ?

Comptable. Je déteste les chiffres et les histoires d’argent.

6. « Tout portrait qu’on peint avec âme est un portrait non du modèle, mais de l’artiste » - Oscar Wilde : Où se situe la part autobiographique de vos écrits ?

« L’écriture est un cri silencieux », disait Duras pour dire qu’elle a écrit, faute de pouvoir crier. Ce qui me touche dans les histoires, c’est la difficulté d’exprimer un traumatisme et l’obligation de passer par là pour en guérir. J’ai commencé à écrire pour exprimer un secret familial qui m’étouffait littéralement. Quand je me suis sentie mieux, j’ai enchainé sur des traumatismes équivalents qui ne me concernaient pas directement mais me touchaient (par exemple la question de pensionnats pour autochtones).

7. « Si tous les gens du monde voulaient se donner la main » - Paul Fort - Quelle suite donneriez-vous à cette comptine ?

Si tous les gens du monde voulaient se donner la main, ils pourraient peut-être sauver le monde. La société actuelle me sidère. Nous devons retrouver le sens de la solidarité et du vivre ensemble, sinon tout est perdu.

8. Que vous inspirent ces mots de Boris Vian ? « Il est évident que le poète écrit sous le coup de l’inspiration, mais il y a des gens à qui les coups ne font rien »

Je préfère celle de Jack London : « On ne peut pas attendre que l’inspiration vienne. Il faut la pourchasser avec un gourdin. » ! Bien sûr, il y toujours une fulgurance, comme point de départ d’une envie de raconter une histoire. Ensuite, c’est un sacré boulot !

9. « Je ne crois pas à l’au-delà mais j’emmènerai quand même des sous-vêtements de rechange » - Woody Allen : Si un dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ?

Vous avez droit à un deuxième tour !

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