Littératures européennes Cognac - Rencontre avec Anne-Lise Dyck-Daure

Anne-Lyse Dyck-Daure est responsable de la programmation et de l'administration de la manifestation.

Créée à Cognac en 1988 à l’occasion du centenaire de la naissance de Jean Monnet, l’association agit pour la promotion des littératures européennes et de la lecture à travers un festival annuel et différentes actions culturelles menées tout au long de l’année auprès de différents publics.

 

Comment est née Littératures européennes Cognac ?
Il existait semble-t-il un salon littéraire à Cognac dans les années 80. Le centenaire de Monnet en 1988 a été l’occasion d’un pari un peu fou : installer à Cognac un « salon de la littérature européenne ». Pari réussi : en 30 ans, plus de 1000 écrivains sont venus et parmi eux, les plus grands noms de l’Europe littéraire.

Pourquoi ce choix de la littérature étrangère et particulièrement Européenne ?
La figure de Jean Monnet, grand Européen, est incontournable à Cognac, et avec le négoce du cognac, le tropisme international de la ville existe depuis plusieurs siècles. Cela fait encore sens aujourd’hui parce que la spécificité européenne du festival reste une « niche » au niveau national. Sur tout l’hexagone, nous sommes à peine 3 ou 4 festivals à affirmer cette identité européenne. Et depuis 30 ans, l’association a affuté un certain nombre d’outils pour défendre la littérature étrangère en territoire rural.

Vous créez chaque année un programme très éclectique et en même temps tourné vers une zone géographique déterminée. Pouvez-vous nous parler du cheminement qui mène à une programmation finalisée ?
La programmation du festival a d’abord été thématique, avec des écrivains venant de tout le continent européen sur chaque édition. Puis l’idée d’une nouvelle destination à explorer chaque année s’est imposée pour mobiliser le public autour d’une littérature à découvrir. Aujourd’hui la programmation reste orientée sur un axe géographique et elle se construit pour moitié avec nos partenaires : bibliothécaires pour le prix des lecteurs, enseignants pour les actions scolaires, etc. Elle est un savant dosage entre l’actualité éditoriale et la curiosité des publics.

Quels moyens et/ou partenariats (médiation/ diffusion / développements des publics) utilisez-vous afin d’inscrire le plus possible une manifestation dans une dynamique locale ?
À Cognac nous allons chercher nos festivaliers tous les ans ! Sans nos partenaires (près de 200 sur le territoire), ce serait impossible. Les bibliothèques départementales, l’association des libraires, la délégation académique à l’action culturelle, le réseau des acteurs de la médiation culturelle à Cognac pour ne citer qu’eux, sont à la fois des partenaires opérationnels et des relais d’information. C’est une toile locale qui s’étend à l’échelle régionale, et que l’on essaie de structurer au fil des ans.

Quelle part a l’action culturelle dans l’organisation d’une telle manifestation ?
L’action culturelle occupe désormais plus de la moitié de notre temps : une programmation montée avec des partenaires locaux pendant l’année (les « jeudis » des Littératures Européennes), une résidence d’écriture liée à un programme de rencontres, un prix des lecteurs avec plus de 120 bibliothèques, des prix lycéen et collégien, un volet jeunesse en développement…

Pour vous quelle doit-être « l’utilité » première d’une manifestation littéraire ?  Quel est son « rôle » sur un territoire donné ?
Emanciper et créer du lien. Des témoignages nous arrivent constamment, en particulier de la part des bibliothécaires et enseignants qui font découvrir auteurs et artistes avec nous.

Pourquoi est-il si important que les pouvoirs publics continuent à soutenir ces initiatives ?
La curiosité pour le livre est une chose fragile, la cultiver loin des grandes villes universitaires demande du temps. Et la recherche des financements publics et privés est terriblement chronophage, au détriment de tout le reste.

Nous avons connaissance du thème de cette année, les Pays de la Baltique. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Avez-vous déjà commencé à travailler la thématique 2019 ?
L’idée de la Baltique est née du centenaire de l’indépendance des pays baltes en 2018. On a élargi à tout le pourtour baltique pour des questions d’offre éditoriale et parce qu’il était intéressant d’explorer à nouveau une mer intérieure d’Europe, après la Méditerranée en 2017. La Scandinavie nous était régulièrement demandée, c’était aussi une manière originale de l’aborder.

Oui, la destination 2019 est choisie : les Pays-Bas et la Flandre !

 

 

 

 

 

 

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