Publié le 11/01/2016

Complainte véridique du compère Guillery

Complainte véridique du Compère Guillery Anonyme impr. de Robin et Favre (Niort) 1866

Voici l’histoire de Philippe Guillery (ou Guilleri) plus connu sous le nom de compère Guillerry, bandit des grands chemins et héros de chansons populaires.

Alors qu'il est souvent présenté comme un seigneur poitevin (ou breton selon les sources), un rapport de police donne la certitude de la naissance de Philippe Guillery en 1566. Il indique en vieux français que ce « capitaine des voleurs du Bas-Poitou était fils d'un maçon demeurant dans un village appelé Les Landes, paroisse du bourg de Boulogne, au dit pays de Bas-Poitou », aujourd’hui en Vendée. Plus rusé que Mandrin, plus fort que Cartouche, Guilleri buveur de trouspinette, mangeur de mogettes et pourtant un grand oublié : du cinéma, de la littérature et même des dictionnaires. Il ne reste plus que : « Il était un p'tit homme qui s'appelait Guillery Carabi, Titi Carabi ! toto Carabo !... », cette comptine longtemps chantée dans les cours d'école quand les enfants formaient une ronde.
Les chansons passées dans le folklore enfantin (ou non), en faisant référence de façon explicite à un personnage historique ne sont pas légions. Elles ont par contre assez souvent rapport avec un bandit ou un révolté, l'on pense à Mandrin (pour un auditoire adulte) et à Jean Petit (pour un public d'enfants).
Philippe Guillery, participe à la guerre de Henri IV contre le duc de Savoie.
Mais c’est en quittant l’armée qu’il devient célèbre : pendant environ huit ans, avec ses deux frères, il écume le Poitou (mais pas seulement, poussant même jusqu'à Rouen et Bordeaux) à la tête d'une bande de voleurs et se moque de la force publique, la ridiculisant souvent ce qui lui valut une grande popularité.
Guillaume Guilleri, fils de Philippe, se fait attraper et est roué. Après son exécution, Philippe s'enfuit à Bordeaux où il se déguise en marchand de vin et se marie. Reconnu au bout de deux ans, il est envoyé à La Rochelle pour y être roué de coups (1608). Les derniers bandits de la bande seront arrêtés en 1612.
De la légende qui l'entoure naît la comptine qui débute ainsi :

"Il était un p'tit homme
Qu'on appelait Guilleri Carabi
Il s'en fut à la chasse
À la chasse aux perdrix
Carabi, Titi, Carabi, Toto,
Carabo, Compère Guilleri
Te lai'ras-tu, te lai'ras-tu mouri".


 Le vin d'épines, appelé troussepinette en Vendée, ou pousse d'épine en Anjou, Touraine et Poitou, ou encore épinette notamment en Charente est un vin aromatisé avec de jeunes pousses d’un arbuste appelé le prunellier.

La mogette ou monjhette (écriture en saintongeais) est un haricot blanc sec également appelé « lingot ». Elle est principalement consommée en Poitou-Charentes.


 

Différentes versions des aventures de Guillerry existent ; celle que nous présentons ici a été imprimée par Robin et Favre à Niort en 1866.

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