Publié le 12/06/2018

Duo suivi de Cinq ans après

Alfred Assolant E. Dentu (Paris) 1888

Les joies du mariage, des petits arrangements et de la jalousie dans la bourgeoisie de la fin du XIXe siècle. Alfred Assollant, au mieux de sa forme, décrit ces milieux avides de pouvoir, d'argent et de reconnaissance sans concession mais avec humour et une pointe de moquerie...

Ces deux textes, qui forment un tout, ont été publié dans un recueil de nouvelles : Le Chiffon, édité par E. Dentu à Paris en 1888.

Alfred Assollant, est né à Aubusson dans la Creuse en 1827 et décédé à Paris en 1886.

Licencié ès Lettres, il commença par enseigner l'histoire à Paris et dans quelques autres villes mais, s'étant attiré les foudres de son recteur pour ses opinions républicaines, il chercha à s'assurer une existence plus libre en Amérique du Nord et entreprit un voyage aux États-Unis. Déçu, il revint à Paris où, en 1858, il publia sous le titre de Scènes de la vie des États-Unis plusieurs nouvelles qui suscitèrent de l'intérêt par leur vie et leur couleur locale. Par la suite se succédèrent rapidement des romans et des nouvelles où apparaissaient une certaine indifférence vis-à-vis de l'ordre et de la mesure et un goût pour le paradoxe et les traits d'esprit.

Farouche opposant de Napoléon III, il collabora à la presse d'opposition, puis devint auteur de romans pour la jeunesse. En 1867, il publia Les Aventures du capitaine Corcoran dans la Bibliothèque rose de Louis Hachette et sans cesse réédité jusqu’à aujourd’hui. Après la guerre de 1870, il fut surtout un écrivain politique, surtout dans les organes proches des partisans de la Commune.

Il notamment est l’auteur de Assez tué ! : plaidoyer pour l’amnistie (disponible gratuitement en epub).

Dans les deux nouvelles Duo suivi de Cinq ans après, publiées après sa disparition, il donne toute la mesure de son style qui l’a rendu populaire et qui a captivé des générations de lecteurs : une histoire simple avec des personnages décrits en quelques lignes bien senties pleines d’humour, de moquerie, voire de mauvaise foi assumée mais avec une touche empathie.

Dans cette histoire de mariage et de mariés les chapitres croisent alternativement le point de vue de l’homme et de la femme.

Dès le début le ton est posé :

Monsieur : « Je vais donc me marier ! Après tout, on n’en meurt pas. Gustave s’est marié déjà, et Jules après Gustave, et Rodolphe après Jules, et je les vois tous gros et gras. D’ailleurs, mon père le veut, et ne paiera mes dettes qu’à ce prix. »

Madame : « Encore trois jours et je serai libre. Je me sens des ailes. Encore trois jours et je serai madame Cabrioli. Un vilain nom, cependant. Cabrioli ! mais je compte sur le crédit, de mon père pour me faire rendre le titre et le nom de marquise des Cazeaux, qui m’appartiennent légitimement. Franchement, sans cette promesse, je crois que j’aurais refusé le pauvre Cabrioli. »

La suite est à l’avenant ; bonne lecture.

 

source wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Assollant

 

 

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