Eve dans l’Humanité Maria Deraismes

L’essai

Préface d'Yvette Roudy, Ministre de 1981 à 1986 et introduction d'Andrée Prat, historienne du Droit humain.

Si les droits de la femme ont considérablement évolué en un siècle en France, grâce aux convictions mais aussi grâce aux actions politiques de quelques un(e)s, les écrits de Maria Deraismes (1828-1894), portant notamment sur le rôle joué par les femmes dans l'histoire, nous semblent utiles, voire nécessaires pour comprendre notre société et de nouveau la place qui depuis des siècles, a été assignée aux femmes.


La chronique de Nathalie

Maria Deraismes est très cultivée, à une époque où le rôle des femmes est cantonné chez elles, dociles à leur famille, ou dans des tâches très épouvantes, voire humiliantes. Militante pour la cause des femmes, que ce soit pour leur vie quotidienne, ou leur place en politique et en Franc-maçonnerie, elle dépeint, à travers des discours et des textes forts, un tableau de la situation de la femme en cette fin de 19ème siècle.
Appuyant ses propos par des recherches poussées dans l'Histoire et la mythologie, s'inspirant d'Ève dans l'humanité et de toutes ses descendantes, elle défend la femme avec une écriture méticuleusement soignée et une verve engagée. Elle aurait sans doute encore beaucoup à exprimer, près de cent-trente ans après, sur la condition des femmes dans notre société et dans le monde. Ce livre est, malheureusement, encore d'actualité.

L'auteur

Marie-Adélaïde Deraismes, dite Maria Deraismes, naît à Paris en 1828, au sein d’une famille de riches commerçants républicains. Elle acquiert rapidement une culture dépassant à plusieurs égards celle des femmes de son époque. Maria est une femme engagée. Féministe, elle participe aux côtés d’André Léo et Léon Richer, journalistes, à la création de la Société pour la revendication des droits de la femme, en 1870. La loi de 1881 sur la presse autorisant les femmes à devenir directrices de journaux, Maria Deraismes achète Le Républicain de Seine-et-Oise pour soutenir les candidats républicains. Elle devient présidente de la Fédération des Libres penseurs de Seine-et-Oise et crée, avec Georges Martin, farouche défenseur de l’intégration des femmes en maçonnerie, la Grande Loge Symbolique Ecossaise « Le Droit Humain », en 1893. C’est dès 1866, décidée notamment par la lecture du pamphlet antiféministe de Barbey d’Aurevilly (« Les bas-bleus » Tome 5 des Œuvres et les hommes du XIXème siècle), qu’elle participe aux conférences organisées par des maçons, dont Léon Richer, en l’hôtel du Grand Orient. Femme de lettres, Maria Deraismes écrit des pièces de théâtre (Le Théâtre chez soi, 1864) et publie plusieurs articles dans Le Nain jaune et Le Grand journal.