L’Elève Gilles André Lafon

éd. L’éveilleur 2017

Le roman

L’Élève Gilles est un roman de l'enfance, de la solitude et de la souffrance, de l'angoisse des nuits d'internat, des petits et grands plaisirs des vacances dans la propriété d'une tante qui le recueille, de la découverte de la nature, de la dureté des rapports entre gamins, des premières amitiés exaltées, des premières trahisons, des premières lâchetés...


La chronique de Dominique

En 1912, Jean Gilles est un petit garçon de 11 ans confié à sa grand-tante dans une propriété du Bordelais, la Grangère, par sa mère. Celle-ci laisse le petit garçon pour se consacrer à son mari, atteint d’on ne sait quel mal ou quel caprice…
La séparation maternelle est dure pour l’enfant qui voue une véritable adoration à sa mère, tandis qu’il craint, redoute son père, tout en cherchant à le contenter. C’est un musicien, qui vit dans son univers et ne supporte aucun bruit : « Il demeurait, à l'ordinaire, absorbé dans ses pensées, et je respectais le plus possible son recueillement, mais le mot, le geste dont il m'arrivait de troubler le silence, provoquaient sa colère ; j'en venais à jouer sans bruit, et à redouter comme la foudre le heurt de quoi que ce fût. »
Il attend avec impatience et douleur, le retour de sa mère tout en découvrant avec bonheur les charmes de la nature. Les plaisirs simples de la campagne le consolent alors de la séparation.
Il devient pensionnaire au collège de la ville voisine et se confronte aux autres enfants. Sans heurt réel, car il demeure dans sa bulle d’observation du monde qui l’entoure, accompagné de la solitude et de la mélancolie qu’il a apprivoisées.
Une chronique douce-amère de l'enfance, de la souffrance, de la séparation, de l'angoisse des nuits d'internat, de la découverte de la nature, de la dureté des rapports entre gamins, des premières amitiés exaltées, des premières trahisons, des premières lâchetés…
Ce roman où il ne se passe pas grand-chose embarque pourtant le lecteur dans un univers clos, rempli d’odeurs, de silence et de lenteur.

 

L’auteur

André Lafon est un écrivain français né en 1883 et mort pendant la grande guerre en 1915.
Il est lauréat du Grand prix de littérature de l'Académie française en 1912.

Issu d’une vieille famille blayaise, il effectua ses études à Bordeaux, avant de rejoindre ses parents à l’âge de 17 ans dans la petite sous-préfecture girondine.
Surveillant au collège de Blaye, il consacra ses moindres heures de liberté et une partie de ses nuits à l’étude.

En 1908, il publia son premier recueil de vers, Les Poèmes provinciaux, éd. du Beffroi, puis en 1911, alors qu’il avait gagné Paris, une deuxième série, La Maison pauvre, éd. du Temps présent.
L’année suivante, parut son premier roman, L’Élève Gilles avec une préface de François Mauriac. Il obtient pour ce livre le Grand prix de littérature de l'Académie française en 1912. Pendant la guerre, il est affecté comme gestionnaire ambulancier. Il meurt de la scarlatine en 1915.

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