Publié le 21/05/2019

L’Oiseau d’orage

Marcelle Tynaire

Marcelle Tinayre (1870-1948) entre cette année dans le domaine public. Une belle occasion de (re)découvrir une auteure qui a marqué la première moitié du XIXe siècle.

Les romans de Marcelle Tinayre, que le Bulletin de l'université du Texas présentait comme la George Sand du Limousin, ont rencontré un gros succès auprès du public, avec 40 éditions pour La Maison du péché, tandis que Hellé totalisait 110 000 exemplaires en 1916.

L’Oiseau d’orage a connu plusieurs éditions : la dernière en date a paru aux éditions du Carrelet en 2016.

De son vivant, ses romans sont traduits en anglais, en allemand, en suédois et en russe. James Joyce analysa La Maison du péché et loua « la sobriété de la narration » et « le charme merveilleux qu’elle laisse deviner derrière la profondeur et la complexité des personnages », ajoutant que « l’histoire est traitée avec une telle maîtrise et une telle originalité qu’elle se classe bien au-dessus du roman de Paul Bourget [...] Malgré la piété et l'innocence dont [Marcelle Tinayre] revêt les moindres variations de sentiment et les manifestations les plus diverses de la nature humaine, on sent dans l'esprit de l'auteur la présence constante de l'horrible image du Christ janséniste qui plane comme un spectre de tristesse et de désolation sur toute cette tragédie. »

Les critiques Alain Quella-Villéger et France Grenaudier-Klijn ont fait valoir qu'un roman comme La Rebelle ose aborder en 1905, et nullement dans un sens catholique et moralisateur, la question de l'avortement ; qu'un texte comme La Veillée des armes (1915), rédigé dans les mois qui suivirent la mobilisation générale d'août 1914, restitue avec une sobriété et une précision inédites, quasi sociologiques, l'atmosphère de Paris.

Premier roman de Marcelle Tinayre, publié en 1894, L’Oiseau d’orage est, selon Alain Quella-Villéger, le roman d’une passion amoureuse à Oléron, un drame de la Belle Époque. C’est un roman de mœurs provinciales, porté par une langue vivante et sensible. Un roman, à la fois classique et audacieux, dont l’héroïne est une sorte de Madame Bovary, avec de belles pages sur Marennes-Oléron : « Un grand souffle passa, un souffle venu de très loin, sur l’âpre Atlantique, et que la forêt d’Oléron, toute gémissante, avait parfumé. Cela sentait la résine et le goémon, l’odeur aromatique des pins, l’odeur salée de la grève. »

Le roman L’Oiseau d’orage pourrait « être classé parmi ceux dits féministes, car on y sent par endroit le souffle des revendications qui font s’écrouler le passé » (J. d’Antilly, 1901).

Pour se plonger dans l’univers de Marcelle Tinayre rien de mieux qu’une petite visite aux archives départementales de Corrèze qui possèdent un fonds Marcelle Tinayre composé de manuscrits de romans, nouvelles, contes ainsi que des romans inachevés et des projets de romans pièces de théâtre et films, une abondante correspondance ainsi que de nombreux document iconographiques.

Etablissements de la région qui possèdent un exemplaire empruntable :

Médiathèque Éric Rohmer de Tulle Agglo

Télécharger au format Epub