La Bonne, la brute et la truande Samuel SUTRA

éd. Flamant noir 2015

Le roman policier

Dans la truande, il y a des règles ! Bon, pas des masses non plus. Quand on fait carrière dans cette branche, c'est rarement pour se coltiner des contraintes. Mais il y a une règle qui passe avant toutes les autres, sans laquelle même un coup réussi peut vous faire regretter de l'avoir tenté : il faut toujours payer ses hommes. Toujours ! Tonton parvient à monter un plan aux petits oignons. Il réussit à faucher le plus gros diamant du monde et à le rapatrier chez lui sans laisser ni témoin ni indice. Mais est-ce l'âge, la fatigue, ou un excès d'enthousiasme, voilà qu'il fait une erreur de débutant : il renvoie ses gars chez eux sans un sou en poche. Alors, c'est pas qu'ils soient méchants, les mecs, mais dès qu'on parle pognon, ils deviendraient presque pointilleux et auraient bien envie de rappeler au taulier que s'il néglige l'effet salaire, l'ambiance peut franchement se rafraîchir et signer le début des emmerdes...


La chronique de Maryvonne

Titre prometteur faisant référence au film de Sergio Leone, sorti en 1968, dans lequel, trois truands sont à la recherche d’un trésor. Pour le trouver chacun a besoin de l’autre mais chacun essaie aussi de trahir l’autre. C’est à peu près le même scénario dans ce livre qui n’a de policier que le nom puisqu’il n’est jamais question de police mais toujours de truands.
Le trésor est ici un diamant très célèbre que l’équipe constituée de cinq hommes et un chien vont voler assez facilement. C’est après que ça se complique car chacun essaie de s’approprier le butin pour régler des affaires personnelles.
L’histoire est un peu complexe et par moment confuse, d’autant plus qu’il y a de nombreux retour en arrière. L’ensemble est bien écrit, dans un style et un vocabulaire très particulier. Certains mots et expressions ne sont pas « à mettre entre toutes les mains et dans toutes les bouches ». Normal puisqu’il s’agit bien sûr de dialogues de truands. En lisant ce roman, on ne peut s’empêcher de penser aux dialogues truculents de Michel Audiard et aux répliques de Bérurier, fameux personnage de la série de romans policiers ‶San Antonio″ écrits par Frédéric Dard.
Un bon roman, donc, pour les fans de ce type de littérature.

L’auteur

Samuel Sutra se distingue par sa façon de maîtriser avec autant de talent, la légèreté et le loufoque que le style plus noir et profond. Un œil sur la voie lactée et les mains sur sa feuille blanche, il écrivit son premier Tonton avec pour seul désir de laisser une trace de lui à ses enfants. Quelques années plus tard, sa modeste ambition révèle un immense talent. Son écriture à la fois jubilatoire & sensible, et ses répliques brillantes produisent un univers et des textes uniques. Sa plume plus noire qu’il a déjà dévoilée dans deux de ses ouvrages, montre qu’il sait parfaitement sortir de l’écriture burlesque, et produire également des textes de qualité bien que très différents.