Publié le 21/11/2018

La fille du Dragon rouge

Parès, Eugène E. Ardant (Limoges) 1884

Petite enquête autour d’un auteur et de son éditeur : qui étaient donc Eugène Parès et Eugène Ardant Qu’en disent les notices ?

Voilà un auteur qui n’a pas laissé beaucoup de traces. Et pourtant 14 notices dans le fonds régional limousin laissent apparaitre son œuvre : des romans d’aventures, plutôt destinés à la jeunesse, principalement situés en Afrique et en Orient. C’est la mode à l’époque : les grands espaces, les méchants nègres (ou jaune, c’est selon), l’exaltation du courage et de la foi... La totalité paraissent chez l’éditeur de Limoges : E. ARDANT. E. pour Eugène. Puis bientôt Ardent et Cie, ou Ardant frères. C’est qu’il est question de fratrie ici et de générations : la notice du Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du XIX siècle nous apprend qu’Antoine Eugène Armand est né à Limoges en 1810. Son père « Martial Ardant était installé à Limoges depuis 1807, héritier par sa femme des imprimeurs locaux Chapoulaud. ». Eugène va reprendre l’affaire en 1837 et se spécialiser en littérature pour la jeunesse (on ne parle pas à l’époque de littérature de jeunesse selon l’idée généreuse que nous propose Denise Escarpit autre locale de cette chronique ; mais c’est une autre histoire). Ardant donc. Eugène et rapidement rejoint pas son grand frère Louis puis par les deux derniers rejetons de la famille, Ferdinand et Firmin. Qui vont ensuite créer une autre société d’édition Ardant : la F.F. Ardant. Après quelques errement « les deux entreprises se réunirent en 1882, sous l'appellation Eugène Ardant et Cie, sous la direction d'Eugène et de son fils Georges. Cette société regroupait imprimerie, fonderie et stéréotypie, fabrique de papiers et de carton. Eugène meure en 1885 mais l’entreprise continue quelques temps. Comme on peut le constater en lisant La fille du Dragon rouge, l’empreinte catholique est très présente dans les ouvrages publiés chez Ardant ; une petite anecdote glanée dans La littérature française au XIXe siècle mise à l’index de Jean-Baptiste Amadieu (éd. du Cerf, 2017) : « Ardant se soumet entièrement à la loi positive ecclésiastique : il publiera Balzac seulement après expurgation visée par l’autorité épiscopale elle-même mandaté par l’index ». Il est vrai qu’Anastasie ne chôme pas en ce tout début du XXe siècle.

Eugène Parès est un auteur important pour Ardant, surtout entre 1878 et 1903. Ensuite on perd sa trace.

En consultant les notices de la BnF et le catalogue de la BnF  nous apprenons que Parès a beaucoup publié : 97 notices sur Data.Bnf, 125 dans le catalogue pour plus de 50 livres sur une période de 25 ans.

Nous apprenons aussi avec le Fichier d'autorité international virtuel (VIAF) que notre auteur a publié deux ouvrages chez le concurrent direct d’Ardant : M. Barbou, lui aussi éditeur à Limoges ; ainsi que 18 chez l’éditeur lillois J. Lefort.

En décryptant les notices et en visualisant les ouvrages disponibles sur Gallica (17 ouvrages) on peut se faire une petite idée de sa carrière littéraire : Ses premier livres publiés, à partir de 1876 parlent tous de la Bretagne : Scène de vies bretonnes, La fille du garde-côte. Puis rapidement, à partir de 1878 il se lance dans les histoires aventureuses : Un hiver dans les glaces, Les robinsons du Victoria-N’Yanza et La fille du Dragon rouge.

Selon sa notice auteur (catalogue de la BnF) il a aussi écrit sous pseudonyme d’Eugène de Kerzollo : Le Monténégro. Les Grahovitj. Histoire monténégrine, toujours chez Ardant en 1882.

Qu’en déduire ? Au petit jeu des suppositions, puisque la notice auteur de la BnF nous le présente comme « Romancier et voyageur », je vois bien un personnage à la Conrad mais breton d’origine : un marin à la retraite né autour des années 1820/1830. Non ?

La Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges possède de nombreux ouvrages d’Eugène Parès et des éditions Ardant.

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