Publié le 02/05/2018

Le Gaga

Jean-Louis Dubut de Laforest E. Dentu 1885

Dubut de Laforest se situe parmi les écrivains les plus fameux de sa génération. Écrivain populaire, il a publié quelque quatre-vingts ouvrages et avec trente-sept volumes, la série des Derniers Scandales de Paris atteint des dimensions rarement constatées dans l’histoire de la littérature.

Un titre en particulier retient l’attention : Le Gaga, qui donne lieu à un retentissant procès en 1886 et aboutit à la condamnation de son auteur pour « outrage aux bonnes mœurs ».

Jean-Louis Dubut de Laforest est né en Dordogne en 1853 et meurt à Paris en 1902.

Il fait ses études aux lycées de Périgueux et de Limoges. Après des études de droit, Jean-Louis Dubut de Laforest devient avocat et rédacteur du quotidien L'Avenir de la Dordogne. Il est nommé conseiller de préfecture à Beauvais en 1879, mais démissionne au bout de trois ans en 1882 et se consacre à la littérature. Prolifique, il publia un grand nombre de romans sur des sujets jugés audacieux pour l'époque dont certains parurent sous forme de feuilletons dans la presse. Il écrit de nombreux romans et des pièces de théâtre et collabore au Figaro sous le pseudonyme de Jean Tolbiac.

Il publia un certain nombre de romans qui s'appuyaient sur les découvertes scientifiques de son époque, mais aussi des romans de mœurs : Les Dames de Lameth, Tête à l'envers, La Crucifiée, Les Dévorants de Paris, La Bonne à tout-faire, Le Cornac, Mademoiselle de Marbeuf ou Contes à la lune.

Dans Le Faiseur d'hommes (1884), il traitait pour la première fois dans l'histoire de la littérature du problème de l'insémination artificielle sur une femme. Abordant des réalités telles que l'existence des milieux homosexuels parisiens dans La Vierge du trottoir et Esthètes et cambrioleurs. Rassemblés dans les trente-sept volumes de la série des Derniers Scandales de Paris (1898-1900), ses romans de mœurs mettaient en scène tout un monde parallèle de prostituées, de souteneurs et de mauvais garçons.

Il brisait des tabous littéraires et lorsqu’il publia Le Gaga, en 1885, il fut poursuivi pour outrage aux bonnes mœurs devant la cour d’assises. L’auteur fut condamné à amende de 1 000 francs et à 2 mois de prison. Qualifié de « romancier anticlérical et obscène » Dubut de Laforest partagea avec d'autres auteurs la distinction de figurer dans L’Enfer de la bibliothèque nationale .

En guise d’amuse bouche : Monsieur Sombreuse, marquis à la vie mystérieuse et sulfureuse, est revenu à Paris pour y passer ses vieux jours. Alors qu’il visite son cousin, le sénateur de Mauval, il tombe éperdument amoureux de sa femme, Julia. Ce sentiment qui ne le quitte plus devient peu à peu une obsession, possédé par son désir d’avoir pour lui seul la belle Comtesse, il décide de rendre fou son époux, en l’exposant à tous les vices et la luxure de la capitale. M. de Mauval, peu à peu, perd la raison…

Comme l’évoque Pierre-Jean Dufief : Le roman de Dubut évoque toute une série d'échos et fait notamment songer à la Cousine Bette, à Nana, aux romans de Jean Lorrain. Le thème de la destruction de l'homme par la femme et par la luxure hante l'époque, mais il est ici exploité de façon originale ; la luxure est instrumentalisée, devenant arme du crime dans les mains du cousin et instrument du salut pour la femme vertueuse qui se déprave par amour.

(Sources : wikipédia)

Etablissements de la région qui possèdent un exemplaire consultable

  • Bibliothèque de Bordeaux
  • médiathèque de Périgueux


 

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