Publié le 02/02/2016

Le supplicié vivant

Pierre Durandal H. Oudin (Paris) 1882

Publié en 1880 et réédité à partir de 1887 sous le titre Le vengeur de Montcalm ce roman d'aventures plein de bruit et de fureur se déroule au Canada en 1759, pendant le conflit opposant Anglais et Français.

Paul Adolphe Van Cleemputte né en Belgique en 1837 et décédé à Paris en 1916, a utilisé plusieurs pseudonymes dont celui de Pierre Durandal. Journaliste, romancier, traducteur, auteur de documentaires, il a publié plus de cent ouvrages dont une vingtaine chez Oudin. Sous le pseudonyme de Charles Simond il a écrit des ouvrages comme Madagascar, L’Afghanistan, Tunis et la Tunisie, … sous celui de Paul Largillière on lui doit l’adaptation de Les grandes aventures de Bas-de-Cuir de Fenimore Cooper et la traduction de Le prince et le pauvre de Mark Twain.

Pas étonnant donc de le retrouver auteur d’un roman d’aventures se situant au nord du continent américain mêlant Indiens, Anglais et Français au milieu du XVIIIe siècle. Le roman débute en juin 1759, période charnière qui verra naître le Canada. Le 26 juin la ville de Québec, défendue par Louis-Joseph de Montcalm, est assiégée par les Anglais du général James Wolfe. La bataille des Plaines d'Abraham devient l'une des batailles les plus déterminantes et mène à la prise définitive de la ville mais se solda par la victoire des Anglais et la mort des deux généraux commandant la bataille. Elle marque le début de la conquête britannique et la fin du régime français en Nouvelle-France.

Suite de la victoire britannique à la guerre de Sept Ans, la Grande-Bretagne s'approprie définitivement l'Acadie, le Canada et la partie orientale de la Louisiane au Traité de Paris en 1763. Cette situation mènera la population acadienne et canadienne-française à un manque d'approvisionnement, à une soumission inconditionnelle puisque coupée de toute défense militaire et à un appauvrissement face aux Anglais qui prennent possession des terres des Français abandonnés par le roi et la France : « La cour de Versailles, où régnait alors Mme de Pompadour, était trop occupée de ses fêtes ou de ses difficultés avec l'Allemagne pour songer encore à cet établissement d'outre-mer, qu'elle ne pouvait du reste plus secourir faute de marine. »

Dans ce contexte nous suivons les aventures du comte de Rochetonnerre, le supplicié vivant, force de la nature, guerrier infatigable, résistant de la première heure et assoiffé de vengeance. Il va combattre les Indiens alliés aux Anglais, quelques traitres, sauver (plusieurs fois) une jeune fille, le tout dans un enchainement de péripéties, de ruses et de sauvetages dignes des grands romans d’aventures de la fin du XIXe siècle. On trouve aussi de « bons » Indiens, un nain téméraire et une fin bouleversante très loin des fins heureuses pourtant en vogue dans ce type de roman.

Rédacteur : Bruno Essard-Budail

L’édition présentée ici de Le supplicié vivant est celle de 1882, imprimée au 4 de la rue de l’éperon à Poitiers pour le compte de la librairie H. Oudin, dans la Collection de romans ; voyages, mœurs, histoire, aventures.