Publié le 13/09/2018

Les animaux amis de l'Homme

Alfred Driou éditions Eugène Ardant et Cie 1875

« Aussi jugez combien je suis indigné, quelle colère s'élève et gronde dans ma poitrine, quelle sainte fureur me brûle le sang, quand je vois d'ignobles cochers et d'infâmes charretiers frapper cruellement les pauvres chevaux confiés à leurs soins et dont le travail pénible les fait vivre »

Publié à Limoges en 1875 par les éditions Eugène Ardant et Cie, sous le titre : Les animaux amis de l'homme : leurs instincts, leur utilité, est un des premiers ouvrages français destiné au grand public à défendre la cause animale.

Il s’inscrit dans une dynamique née au milieu du XIXe siècle :

— La Société Protectrice des Animaux  est créée en 1845 par Etienne Pariset (elle portait sur la protection des chevaux que les cochers parisiens maltraitaient.).

— Le député Jacques Delmas Grammont fait voter par l'Assemblée nationale législative, le 2 juillet 1850, une loi dite loi Grammont: « Seront punis d'une amende de cinq à quinze francs, et pourront l'être d'un à cinq jours de prison, ceux qui auront exercé publiquement et abusivement des mauvais traitements envers les animaux domestiques.

Alfred Driou donne le ton dès l’entame de son ouvrage : « Je suis membre de la Société protectrice des animaux.

C'est vous dire, cher lecteur, et c'est proclamer hautement que, à mes yeux, le chien, le chat, le cheval, et tutti quanti, en un mot les généreux auxiliaires du simple ménage, des palais et de la ferme, sont des amis de l'homme, alors même que le Créateur des mondes a créé ce dernier pour être le roi des animaux.

Roi, soit ! mais au moins ce roi doit-il être le père de ses sujets, et non leur tyran, et non leur bourreau ! »

L’ouvrage et un plaidoyer truffé d’histoires concrètes (fidélité du chien intelligence du cheval, sociabilité des fourmis...) destinées à illustrer son propos mais souvent (comme il le dit lui-même : « Et nous sommes au XIXe siècle ! ») empreint d’un catholicisme béat qui semble aujourd’hui désuet. Il n’empêche que certains passages sont particulièrement virulents et dénoncent sans concession les responsabilités humaines.

Les combats et débats d’aujourd’hui (ferme des 1000 vaches, maltraitance dans les abattoirs, abandons estivaux...) résonnent dans cet écrit publié il y a plus de 100 ans : « Donc, pour tous les animaux sans exception, douceur, justice et compassion ! Plus de brutalité, pas de mauvais traitements ! »

Depuis 17 ans, chaque année l’Espace Mendès France organise la manifestation « La science se livre ». Afin de préparer les rencontres qui se dérouleront à partir de janvier 2019 dans les bibliothèques et établissements scolaires de l’ex-région Poitou-Charentes l’EMF, en partenariat avec L’ALCA, organise le 27 septembre une journée autour du thème de la future la manifestation : l’Homme et l’animal.

Dans cette optique l’ALCA propose une petite sélection de textes du domaine public parmi lesquels Les animaux amis de l’homme d’Alfred Driou. Ce stakhanoviste de l’écriture, plus de trois cents ouvrages portent sa signature, est un touche à tout littéraire.