Lézardes Beata Umubyeyi Mairesse

éd. La Cheminante 2017

Le recueil de nouvelles

Quinze histoires pour dire la nostalgie d’un continent disparu.
L’innocence, aux frontières de la catastrophe.
L’enfance que l’on rafistole dans ses souvenirs avec tendresse et lucidité.

Derrière la délicatesse des récits finement ciselés, Beata Umubyeyi Mairesse laisse sourdre la violence qui a frappé sa génération rwandaise, au printemps 1994.
Celles et ceux qui n’étaient encore que des enfants, celles et ceux qui sont devenus parents.

Un enchevêtrement de vies qui se croisent sur plusieurs décennies.
La brillante nouvelliste dessine ainsi une mosaïque aux couleurs vives et offre un portrait de groupe subtil où se mêlent désenchantement, magie et espoir.


La chronique de Monique

Les lézardes, ce sont ces marques, ces fêlures, ces crevasses profondes que la guerre civile au Rwanda en 1994 a laissé dans la mémoire des rescapés dont fait partie l’auteure de ce recueil, Beata Umubyeyi Mairesse.
Quinze nouvelles et trois contes sont réunis dans ce recueil laissant apparaître les traces d’une culture ancestrale Africaine et Rwandaise, dans une mémoire vive dont l’acuité nous force à nous interroger sur les difficultés de résilience des survivants.
Les différents personnages portent cet héritage lourd de non dits et leur histoire témoigne implicitement des efforts pour apprivoiser la vie, accepter l’inacceptable mais transmettre malgré tout parfois une langue, des jeux, des recettes de cuisine.
L’écriture de Beata Umubyeyi Mairesse rend compte de cette fragilité, de ces émotions qui affleurent à chaque page dans un style fluide dans le récit qui s’enrichit par des métaphores, des comparaisons, des personnifications pour décrire au plus juste ces sensations inavouables et inavouées. Puis les phrases deviennent plus courtes, sans verbe pour traduire l’horreur du vécu, l’absence, l’atteinte à la dignité humaine, la peur et la trahison. Ces phrases courtes, parfois cinglantes comme « Ni passé, ni horizon » disent avec force ce que cette « génération 94 » ressent encore.
Les trois contes, à l’image des fables ou des contes philosophiques, attisent notre réflexion sur le pouvoir par la force, la ruse, et sur les capacités de survie grâce à la réflexion, le raisonnement et la solidarité. En clair l’intelligence contre la bêtise.

L’auteur

Beata Umubyeyi Mairesse est une auteure franco-rwandaise. En 1994, elle trouve refuge dans une cave et échappe au génocide dans son pays puis c'est l'exil pour le Nord de la France. Puis vient hypokhâgne-khâgne, et Sciences-Po Lille. Lézardes est son second recueil de nouvelles après Ejo, Prix littéraire François Augiéras 2016.