Un Pas de Deux Marianne de Wil Baudoin

L’appétit.

J’ai retourné mon appétit,
Comme un gant,
Comme un sac,
          Chair dehors,
          Chair dedans,
J’ai retourné mon appétit
Et l’ai serré dans mon poing serré si fort
Que les jointures ont craqué.
Je l’ai enfoncé dans mon estomac
Loin, tout au fond,
Boule dure aux arêtes tranchantes,
Cisaillant la paroi tendre de mon ventre,
          Vide,
          Hurlant.
J’ai mis mes mains sur mes oreilles
          Et j’ai tenté d’oublier
ce nouveau centre de gravité,
Tenté de faire taire l’ogresse
Qui en moi toujours se réveille.

Ce trop grand désir d’être.

Marianne de WiL, a besoin de plonger sa créativité dans une matière.
Après des humanités gréco-latines et des études d’architecture d’intérieur, elle s’initie donc à la peinture en décors et suit en parallèle des cours de Régie théâtrale. Formée à la dorure à la feuille, le moulage et la conservation des peintures anciennes, elle peint depuis 1989 dans de nombreux chantiers pour le théâtre, le cinéma, la télévision ou le patrimoine architectural.
En filigrane de ces pratiques, Marianne n’a jamais cessé de lire et d’écrire, d’abord beaucoup de lettres, et puis de courts textes, contes ou nouvelles. Elle participe régulièrement à des ateliers d’écriture.

Edmond Baudoin, aime la musique.
"Je suis sorti de l’école à 16 ans. J’ai été "appelé sous les drapeaux" en 1962 et parce que je tirais trop bien au fusil, et qu’on avait besoin de moi pour des concours en France, je ne suis pas parti faire la guerre en Algérie. J’ai travaillé ensuite en "qualité" de comptable pour un Palace de Nice (Le Plaza). Vers l’âge de 30 ans, l’idée de mourir sans faire du dessin tous les jours de ma vie m’est devenue insupportable. J’ai alors quitté la comptabilité pour retourner dans mon rêve d’enfant. Personne ne m’attendait dans le "monde de l’art", j’étais un peu fou et pauvre pendant une dizaine d’années. Le dessin m’a emmené à la bande dessinée qui m’a fait découvrir le bonheur d’écrire, la bande dessinée m’a emmené vers la danse contemporaine, la danse m’a fait aimer la musique, la musicalité des mots, des tâches et des traits contenus dans ce livre par exemple."