Publié le 01/06/2016

Naufrage et aventures

Pierre Viaud Offray fils (Avignon) 1827

Embarquement pour l’aventure avec cet ouvrage, entre récit et roman.

Publié 60 ans après Robinson Crusoé de Daniel Defoe, Naufrage et aventures de Pierre Viaud propose un autre récit de naufragés : plus sombre, plus cruel mais plus réaliste aussi.

Différents éléments ont fait douter de l’authenticité du récit. Pierre Viaud, est présenté comme « natif de Bordeaux » dans la première édition de 1770, puis « natif de Rochefort » dans les éditions suivantes (notamment celle présentée ici, datant de 1868).

Dans l’introduction, l’éditeur avoue un travail de réécriture des aventures de Pierre Viaud. L’ouvrage est alors attribué à Joseph-Gaspard Dubois-Fontanelle, journaliste, homme de lettres, auteur dramatique et traducteur français, et le récit considéré comme imaginaire.

Selon les travaux du professeur Robin F. A. Fabel, l’existence du capitaine Pierre Viaud est cependant attestée par les archives de la Charente-maritime. Né à Saint Nazaire, le 16 septembre 1725, il a commencé à voyager à 16 ans. On le retrouve sur de nombreux navires (La Profonde, La Gironde, L’Ajée, L’Alcion, L’Hirondelle...). En 1751 à 26 ans, il est sous-lieutenant sur le Vaisseau du Roi Le Zéphir. En octobre 1761, il obtient son brevet de capitaine de navire à l’Amirauté de Marennes. Selon les archives de la maison Schröder et Schyler, c’est comme second du capitaine Saincric qu’il appareille début 1765 du port de Bordeaux pour Saint-Domingue, à bord de L'Aimable Suzette, armée par Brossard, pour une expédition en droite ligne consistant à y faire commerce de vin, d’huile, farine, beurre, jambon, savon et de la « pacotille » composée entre autres de toiles, souliers, chapeaux, assiettes et tabac. Tombé malade, Pierre Viaud ne peut pas quitter l'île avec L'Aimable Suzette pour rentrer à Bordeaux. C’est alors qu’il affrète un autre navire, Le Tigre, pour la Louisiane. Le naufrage du navire Le Tigre est aussi attesté.

La véracité du récit quant à elle est soumise à questions. Le lecteur oscille entre journal personnel et roman d’aventure. Lutte contre les éléments déchainés, dramaturgie et choix cornéliens, rebondissements, survie et cannibalisme, maladie et guérison (divine ?), tiennent en haleine…

F.A. Fabel relève une mention, dans l'Année littéraire n°7 de 1769, que sa santé s'améliorait. Il en conclut que ses épreuves l'avaient gravement affectée et que son décès est peut-être intervenu dans un temps voisin de la publication de son livre.

C’est donc, comme il était fréquent au 18ème siècle, sur la base d’une aventure réelle que Dubois-Fontanelle a composé un récit enjolivé pour assurer, auprès d’un vaste public, le succès d'une publication qui reste basée sur des faits réels. En somme un ouvrage que l’on prend plaisir à lire et comme tout bon roman d’aventure : d’une seule traite… (Source : wikipedia)

Nom du rédacteur : Bruno Essard-Budail

L’édition originale de ce document (1770) est visible à la médiathèque de l’Agglomération de La Rochelle et à la médiathèque de Poitiers.

L'annuaire CLL