Peau-en-poil Alain Galan

éd. Buchet Chastel 2016

Le roman

« Que devient la vie après la mort ? » Cette question, il se la posait déjà lorsque nous étions en seconde. C’est à ce moment-là que Lucas se mit à naturaliser les bêtes mortes qu’il trouvait le matin au bord des routes. Et, comme le lui avait appris le vieux coureur de bois, à laver, peau-en-poil, leurs dépouilles à la rivière.

Mais ensuite que s’est-il passé ? Quel troublant secret a-t-il découvert, à contre-courant, sur le tard de l’existence ? À mon tour, j’ai refait le chemin. J’ai mis, dans ses pas, mes pas. J’ai prêté l’oreille au silence des bêtes. Il m’a semblé alors que la lisière, entre le mort et le vif, devenait de plus en plus poreuse. Et que, Lucas et moi, nous n’étions peut-être plus tout à fait deux…


La chronique de Chantal

Entrer dans ce livre c'est entrer dans un monde étrange, c'est plonger dans la flore et la faune d'une contrée de terre et d'eau : "à deux pas des étangs, il pouvait suivre des yeux les courlis, les grèbes, les bécassines et parfois un butor..." Etrange car, avec ce titre tout aussi étrange, c'est de naturalisation ou, pour le dire plus scientifiquement, de taxidermie, dont il s'agit. Le narrateur a promis à son ami Lucas, maintenant disparu, de "recueillir la petite compagnie d'animaux qu'il avait naturalisés" : un renard, une fouine, un écureuil, un rat de grenier, une chouette hulotte, le geai de son enfance, de les écouter et de prendre des notes. Troublé par cette presque réelle présence, il part vers l'île de la Folie et la rivière Néant, sur les traces de son ami qui, après avoir abandonné la taxidermie était devenu peintre et cherchait, en créant, à "tromper la mort".

Alain Galan est né en 1954 à Brive. Journaliste et écrivain, il est l’auteur d’une douzaine de romans et récits parmi lesquels Louvière (2010) et L’ourle (2012) parus aux éditions Gallimard.