Qui m’a fait caca sur la tête ? Oh Yeong Jin Traduit du coréen par Sarah Waligorski et Song Yoojoo

La BD

— Inspecteur Park, j’ai besoin de votre analyse : sur la tête de monsieur, c’est de la crotte de chien ou de la crotte d’humain ?

— Ben… Comment je peux savoir ? Il faudrait s’adresser à la police scientifique.

 

Un homme qui dort sous les ponts se réveille avec un étron sur la tête. Qui a osé lui faire ça ? Comme la petite taupe de l’histoire pour enfants, il rencontre un à un tous les suspects. Et, armé du courage que lui donne sa dignité bafouée, il met à chacun le nez dans son caca.


La chronique de Sandra

Qui m'a fait caca sur la tête" de OH YEONG JIN démarre d'un fait qui n'est pas des plus anodin ... Un homme dormant sous un pont reçoit un caca sur la tête ...
Que s'est -il passé ? D'où vient cette "ovni" ? Qui a osé faire cela ? Est-ce intentionnel ?
Cet homme déjà peu gâté par la vie se retrouve confronté à cet évènement et évidement comme chacun d'entre nous le ferai, le prends pour un affront.
Quelle issue ? quel choix ? Que faire ?
Les épreuves déjà vécues par son passé et son état présent ne font qu'accroitre sa colère contre la société.
Il décide donc de savoir qui est à l'origine de sa mésaventure et surtout pourquoi.
Commence alors une quête qui le mène à remonter  les différentes strates de l'administration du balayeur aux plus hautes sphères en conservant coûte que coûte son nouveau couvre-chef tout au long de son périple.
Une chronique du pouvoir réaliste qui affirme ce que tout le monde peut subir ou ressentir au quotidien face aux injustices via une métaphore surprenante.
Une bande dessinée engagée et humaniste.
A découvrir sans aucun doute !

L’auteur

Né en 1970, Oh Yeong Jin a suivi des études tech­niques et travaille à la Société coréenne d’électricité à Séoul (Kepco). Parallèlement, il entame une carrière d’auteur de bande dessinée, en participant à la revue « comix » et en publiant Terrorist, un recueil de ses premières histoires. Entre 2000 et 2002, il part travailler en Corée du Nord comme chef de chan­tier, dans le cadre d’une coopération Nord-Sud, initiée par la Sunshine Solicy du président Kim Dae-Joong. De cette expérience rare, il a tiré les deux tomes du Visi­teur du Sud, livre autobiographique et documentaire, qui a été publié en France par les éditions FLBLB, et a reçu en 2008 le prix « Asie » de l’Association des critiques de bande dessinée (ACBD). Il a continué dans cette voie, en publiant Mission Pyongyang, livre documentaire construit non plus à partir de sa seule expérience, mais à partir de divers témoignages de coréens du nord et du sud. Oh Yeong Jin réalise ensuite Ramdam à tous les étages, fiction noire et satirique, dans laquelle les habitants d’un petit immeuble de la banlieue de Séoul affrontent leur propriétaire. Avec Adulteland, il aborde les dérives technologiques de la société coréenne dans un thriller d’anticipation.